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A l’occasion du 66è Congrès de la FNTR, son président, Jean-Christophe Pic, était notre invité cette semaine. Parmi les nombreuses questions, nous en avons sélectionné 6. Voici ses réponses. Le président de la FNTR revient sur les NAO pour 2012, le 44 tonnes 6 essieux, la taxe poids lourd et le cabotage. Bref, les dossiers « chauds » du Transport routier de marchandises.

1- Lors des dernières négociations annuelles obligatoires, la FNTR a proposé  une revalorisation des rémunérations conventionnelles de +1,5% alors que les autres fédérations patronales se sont abstenues. Pourquoi la FNTR n’a pas adopté la même position sachant que les entreprises de transport supportent déjà beaucoup de charges.

Vincent P. Transporteur à Pau (64)

Jean-Christophe PIC

La FNTR a préféré faire preuve de responsabilité et a joué la transparence.

Vis-à-vis des entreprises d’abord qui sont en train de négocier les tarifs de leurs prestations avec leurs clients pour 2012. Dans un climat économique incertain, nos entreprises ont surtout besoin de visibilité et de lisibilité. Elles ont besoin de pouvoir anticiper au mieux la hausse des coûts. Faire traîner les négociations, ce n’est donc pas leur rendre service. Bien au contraire.

Vis-à-vis des salariés également. Les propositions mises sur la table par la FNTR tiennent compte de nombreux paramètres : la situation difficile pour les entreprises mais également le niveau de l’inflation et l‘augmentation du coût de la vie. C’est une proposition de compromis entre les difficultés de nos entreprises et les revendications des organisations syndicales.

J’ajouterais que nos propositions permettent de replacer d’emblée de jeu les négociations dans un cadre raisonnable. Au final tout le monde y sera gagnant : les entreprises comme les salariés. Les absents ont toujours tort et dans ce domaine là plus encore.

 2- Depuis quelques semaines, certaines banques ont annulé les découverts de plusieurs PME du Transport dont celle que je dirige. Une vraie catastrophe pour nos trésoreries. Que pensez-vous faire pour nous défendre ?

Jean-Pierre M. Transporteur à Rodez (12)

Jean-Christophe PIC

La crise financière que nous connaissons aujourd’hui,  comme en 2008, finira par toucher de plein fouet l’économie réelle. Nous y sommes. La FNTR a demandé aux pouvoirs publics de remettre en service le dispositif anti-crise mis en place dès l’automne 2008, notamment en matière de crédit. Nous agissons également sur ce sujet de concert avec la CGPME.

 3- Le projet de 6è essieu pour les 44 tonnes est en passe d’être abandonné, du moins pour l’instant. Ne craignez-vous pas qu’après les Présidentielles, le sujet ne revienne ?

Laurent L. Transporteur à Morlaix (29)

Jean-Christophe PIC

C’est en effet un danger. C’est pourquoi la FNTR a opté pour une voie législative plutôt que règlementaire.

La FNTR a beaucoup travaillé ces derniers mois pour que les pouvoirs publics reviennent sur l’obligation du 6ème essieu. Nous avons obtenu une victoire à l‘assemblée nationale puisque les députés ont voté l’abandon de ce 6ème essieu. Le texte doit maintenant passer au Sénat. Ce 6ème essieu était un non-sens économique, européen, technique et environnemental.

Reste à traiter maintenant l’impact du 44 tonnes sur les infrastructures qui est réel. Il existe d’autres solutions techniques que le 6ème essieu qui permettraient de limiter l’impact du 44 tonnes sur les voiries. Ces solutions méritent d’être étudiées et approfondies en concertation avec la Profession, les constructeurs etc. Il nous faut simplement du temps.

4- Le système de taxe Poids lourd existe déjà dans d’autres pays européens, prévoyez-vous de demander des aides financières, comme il existent ailleurs, à l’Etat français ou même à Bruxelles ?

Eric C. Transporteur à Vernon (86)

Jean-Christophe PIC

La FNTR a obtenu que soit inscrit, dans la loi Grenelle I, le principe de mesures d’accompagnement qui devront être mise en oeuvre à l’occasion du déploiement de la taxe poids lourds en 2013. Nous travaillons avec le ministère sur ces mesures qui pourraient prendre la forme d’aides au renouvellement de la flotte comme en Allemagne pour la LKW Maut.

Pour la FNTR il reste aussi à obtenir un système de répercussion de la taxe le plus simple et le plus efficace pour les entreprises de transport routier.

5- Nous n’avons pas pu échapper à la taxe Poids lourd, ne craignez-vous pas que la taxe carbone réapparaisse lors des élections présidentielles ? Ce qui serait dramatique pour nos entreprises de transport.

Francis R. Transporteur à Vichy (03)

Jean-Christophe PIC

Nous sommes totalement opposés à une taxe carbone franco-française. Pour la FNTR, la taxe carbone nous la payons déjà avec la TIPP.

Ne nous y trompons pas, la fiscalité écologique a vocation à se développer. Dans quelques années plus d’un tiers du coût de revient de nos véhicules sera constitué par de la fiscalité spécifique à notre secteur. Le transport routier devenant ainsi de plus en plus collecteur de taxe.

Ce que la FNTR réclame aux pouvoirs publics, c’est de pouvoir répercuter le plus directement et le plus nettement possible cette fiscalité sur les chargeurs. C’est ce qui se joue aujourd’hui dans la mise en œuvre de la taxe poids lourds. C’est pour cela que nous sommes particulièrement vigilant sur le dossier de la répercussion de cette taxe.

La FNTR réclame également, pour redonner de la compétitivité à nos entreprises, le transfert des charges pesant sur le coût du travail vers la fiscalité spécifique du transport routier que ce soit la taxe poids lourd, la TVA ou encore la TIPP. Il s’agit d’une idée nouvelle et audacieuse. Car dans la crise que nous connaissons et, compte tenu de la situation budgétaire de l’Etat, il est illusoire de penser que, dans les années à venir, nous pourrons parvenir à des baisses de charges, brutes de matière.

6- Le cabotage sera ouvert à la Roumanie et à la Bulgarie en janvier prochain avant sa libéralisation totale en 2014, le FNTR envisage-t-elle de proposer à Bruxelles des solutions pour protéger les transporteurs des pays membres ?

Simon L. Transporteur à Rouen (76)

Jean-Christophe PIC

En matière de cabotage, la FNTR pousse la France à s’opposer à Bruxelles à la libéralisation totale du cabotage qui est prévue dans le règlement accès au marché adopté par l’Europe en 2009. La FNTR est attachée au maintien de l’encadrement du cabotage tel qu’il existe aujourd’hui.

La libre circulation des biens et des marchandises est cependant inscrite dans les gènes de l’Europe. Il faut donc profiter de l’encadrement actuel du cabotage qui protège nos entreprises et du temps qui nous reste pour leur redonner de la compétitivité. C’est le sens du plan que la FNTR a proposé aux pouvoirs publics.

 

 

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